Dans le cadre d’un camp découverte nature et jeunesse d’une semaine dans les Vosges, le C.R.I.E de Mouscron consacrera une journée à la découverte du chamois. Particulièrement emblématique pour les skieurs et représentatif  des vacances à la montagne, le chamois est un animal étonnant à découvrir. 

1,- Répartition géographique

Pour commencer, le chamois appartient à la famille des bovidés et à la sous famille des caprinés (comme la chèvre). Il vit en Europe, en particulier dans les Alpes, le Jura, en Auvergne, dans les Balkans, les Carpates, les Sudètes, dans le Caucase et en Anatolie orientale. Contrairement à ce que l’on peut penser, il ne vit pas uniquement en grande altitude, n’oublions pas qu’il s’agit d’un herbivore et qu’au delà des 3000m, les pelouses alpines sont de plus en plus rares. On le retrouvera donc entre 600 m et 4750 m d’altitude.

2,- Morphologie

Tout cela ne serait bien entendu impossible sans son cœur et ses poumons sur-développés et sans ses sabots constitués de deux doigts de pieds latéraux cornés pouvant s’écarter avec un talon caoutchouteux afin de mieux adhérer aux roches.

Il comporte même une cloison,  entre ses doigts aux fibres conjonctives,  recouverte de poils qui lui évite de trop s’enfoncer dans la neige et qui fait office de raquettes.

3,- Capacité d’adaptation aux saisons

Le chamois adapte  son cycle de vie et ses comportements en fonction des saisons.

  • Au printemps,  les chamois commencent à quitter la forêt qui les a protégés pendant l’hiver et repartent plus haut en quête des premières touffes d’herbes. C’est aussi vers cette époque qu’a lieu la mue printanière qu’ils garderont un peu plus de 3 mois. Des lambeaux de toison pendent encore, donnant l’impression qu’ils sont atteints d’une maladie. On peut trouver des lieux semés de poils, où se sont grattés les chamois : cette mue leurs donne des démangeaisons.
  • En été, les chamois bénéficient d’une nourriture abondante et ils en profitent pour constituer des réserves de graisse. Cette graisse  leurs permettra de passer l’hiver.
  • Vers le début de l’automne a lieu la seconde mue, moins spectaculaire,  durant laquelle ils perdent leur pelage d’été. De nouveaux poils poussent, assombrissant progressivement le pelage d’été, ensuite  de nouveaux poils poussent, plus longs et épais, rendant le pelage presque noir. Cette fourrure  offre une protection excellente contre le froid. Ce pelage est porté pendant presque huit mois;  de septembre à  avril.
  • En hiver, la nourriture est rare, et la mortalité est maximale, par ailleurs, elle est corrélée avec l’épaisseur de la couche de neige. Les chamois sont réduits à manger les arbustes, et les quelques herbes qui dépassent du manteau neigeux.

 

4, – Mode de vie et relations intra-spécifiques

Les chamois ont  une vie sociale assez développée, ils vivent en groupes appelés « harde » au sein de laquelle chaque individu a un  rôle à jouer.

Le mâle est appelé bouc vit plutôt en solitaire de juin à octobre jusqu’à la période de rut. Il arrive toutefois que certains mâles restent en communauté toute l’année mais il s’agit alors de jeune ou de vieux bouc.

La femelle (appelée chèvre) vit en harde tout au long de sa vie, elle s’isolera juste le temps de mettre bas ou lors du coït.  Quand elle est accompagnée d’un jeune,  on l’appelle chevrée. En fin de vie et/ou quand elle devient  stérile, on la nomme la « bréhaigne« , son rôle est très important puisqu’elle deviendra alors la meneuse de la harde. Et non, ce n’est pas une société matriarcale, c’est simplement parce qu’en cas de route dangereuse (falaise accidentée, fréquentée par des prédateurs…) elle sera en première ligne et est considérée par la harde comme une perte moins importante.

Le chevreau quant à lui, passe le plus clair de son temps à jouer « sauter comme un cabri« , la maturité sexuelle des chamois est atteinte à partir de 18 mois pour les deux sexes mais les mâles n’accèdent généralement au rut qu’à 3 ou 4 ans. Ses cornes commenceront à pousser environ 20 jours après la naissance et l’âge peut se compter grâce aux anneaux présents. Un pour chaque année.

A noter aussi que un cabri ou chevreau d’un an porte le nom de éterlou si c’est un mâle et de d’éterle,  s’il s’agit d’une femelle.

5, – Reproduction

Lors de la période de rut, les mâles deviennent très agressifs.  Ils pourraient a peu près charger tout ce qui bouge ou du moins ce qui est pris pour un rival potentiel. Les mâles adultes sont très vigilants durant cette période, ils observent l’attitude de leurs congénères. Les femelles n’ont pas de comportement spécifique durant cette période hormis qu’elles urinent avec une hormone indiquant leur niveau de réceptivité.

Mais qui dit période de rut,  dit souvent combat! Il existe deux cas de figure:

  • Les prétendants sont un adulte et un jeune.

Si un jeune mâle arrive vers lui, le bouc adulte se contente de l’attendre sur place ou avance gentiment en hérissant sa barbe, marque les végétaux qu’il rencontre et  le jeune s’enfuit. Avant la fuite, il se sera soumis par son état qui se reconnaît facilement : il fléchit les membres, baisse la tête, s’approche latéralement du dominant jusqu’à le toucher de son museau. Il arrive même qu’il se mette à uriner comme une femelle.

  • Les deux prétendants sont adultes.

Lorsque deux adultes de même stature se rencontrent, ils se battent. Ils se lancent dans des poursuites infernales, s’entrechoquent les cornes et parfois même se frappent sous le ventre pour se pousser dans le vide.

Maintenant, voyons comment cela se passe quand un mâle rencontre une femelle.

Premièrement le mâle impose une image dominatrice, se gonflant, hérissant ses poils et frappant le sol avec force! Ce qui effraye généralement la femelle qui s’enfuit. Le mâle alors entamera une course poursuite dans laquelle il essayera d’écarter le jeune qui accompagne la femelle. Une fois la femelle à bout de souffle, elle n’a plus qu’à se laisser faire.

Dans d’autres cas, il arrive que deux mâles collaborent  afin d’empêcher la femelle de s’enfuir pour que l’un après l’autre, ils puissent se reproduire. Et oui, les chamois sont polygames.

6,- Un chevreau chasse l’autre !

La période de gestation est de 24 à 25 semaines, environ 170 jours et la mise bas a lieu en fin mai, début juin.

La femelle n’a qu’un chevreau à la fois et les jumeaux sont rares. C’est lors de la mise à bas du chevreau suivant que  la mère se sépare de son petit  de l’année précédente. Pour cette séparation, elle doit parfois employer ses cornes car il ne comprend pas pourquoi son départ est désiré. La femelle libérée s’isole pour ensuite mettre bas.

7,- Les cause de mortalité

Bien que l’on puisse penser qu’il s’agit de prédation, le chamois va le plus souvent mourir à cause de chutes.

Lors des bagarres par exemple ou lors d’attaque d’aigle, ils peuvent se faire pousser dans le vide. Néanmoins, avoir une patte cassée ne les voue pas à une mort certaine,  contrairement à d’autres espèces.

L’aigle est un des plus grands prédateurs du chamois, et ce même s’il ne se nourrit que des jeunes. En effet, il n’hésite pas à envoyer les adultes dans le vide pour  les blesser ou les handicaper.

La kératoconjonctivite, maladie  infectieuse qui les rend aveugles et qui est facilement transmissible est une autre cause de mortalité chez les chamois. En effet, si un insecte se pose sur un oeil malade puis sur un oeil sain, il y a de grandes chances que l’oeil sain devienne à son tour contaminé. Les autres maladies dont peuvent souffrir les chamois sont : le piétin, la gale sarcoptique ou encore la brucellose.

8, Ambroise et Bézoard, anecdotes sur notre ami. 

A l’instar du chameau et du dromadaire,  le chamois présente aussi une caractéristique intéressante par rapport à l’eau.

En effet, le chamois ne boit jamais d’eau. Il va préférer les endroits ombragés afin de limiter ses pertes en eau. Il puise assez d’eau lorsqu’il se nourrit de végétaux , lors des rosés matinales. Il lui arrive dans certains cas,  plutôt rares,  de manger de la neige afin de compenser certaines pertes dues à un manque de nourriture, à  un effort important ou encore lors de grosses chaleurs.  L’animal peut très bien vivre entre -10°C et 20° C et  rester insensible à des températures allant jusqu’à -25 °C

Comme la plupart des ruminants, le chamois possède en son estomac un bézoard. Le bézoard est présenté comme un amas de matières (phytobézoard : végétaux par exemple).

On lui prêtait,  jadis,  des vertus  médicinales notamment comme  anti-poison.  Il était donc prélevé et vendu à un prix d’or comme bijoux, reliques ou encore pierres  précieuses. Ambroise Paré a démontré son inefficacité en proposant à un condamné à mort de l’empoisonner et de lui offrir la liberté s’il survivait grâce au bézoard. Le prisonnier mourut  7h plus tard malgré l’ingestion de béozard comme antidote.

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Sources

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chamois

http://ecologie.nature.free.fr/pages/mammiferes/chamois.htm

http://www.shp-asso.org/index.php?PAGE=expositionbezoard